Le télétravail est un concept apparu il y a une quinzaine d'années, avec les prémices de l'Internet. Depuis toujours, son développement épouse celui du web.
C'est une organisation du travail par laquelle le salarié exécute régulièrement les fonctions qu'il exerçait ou pourrait exercer dans les locaux de l'entreprise en-dehors de ceux-ci, soit à domicile soit sans rattachement à un lieu précis, au moins une journée par semaine, en utilisant de manière systématique les technologies de l'information. Aujourd'hui, avec 1.5 million de salariés, soit 7.4% de la population active (5.4% en nomade et 2% à domicile), le télétravail est devenu une réalité quotidienne pour des milliers de salariés.
De manière formelle, on dénombre trois formes de télétravail :
- à temps complet au domicile du salarié : ce sont des cadres employés par une entreprise dont l'organisation leur permet de travailler chez eux.
- en alternance entre l'entreprise et le domicile : l'employé travaille de chez lui comme dans l'entreprise.
- le nomadisme : les nomades sont des télétravailleurs salariés qui, pendant leurs déplacements, continuent à collaborer avec leur entreprise en accédant ponctuellement au système d'information à distance.
Mais quoi qu'il arrive, ce mode de travail s'effectue toujours à distance et par le biais des NTIC.
Seules certaines grandes enseignes revendiquent le recours au télétravail (France Télécom ; EDF GDF ; IBM). Sinon, celles qui travaillent de la sorte sont des entreprises pionnières, appartenant au secteur high-tech, qui ont été entièrement conçues pour fonctionner avec le télétravail.
Dans chaque entreprise, l'expérience du télétravail est appréhendée d'une manière différente. Il offre des avantages comme des inconvénients, mais il faut se rappeler que les travailleurs sont des salariés comme les autres, qu'il faut donc considérer comme tels?
Les télétravailleurs français se répartissent en plusieurs catégories :
- Ingénieurs et cadres = 29.8%
- Services aux entreprises = 20.5%
- Banques et assurances = 13.7%
- Hommes = 10.2%
- Industrie manufacturière = 8.4%
- Ensemble = 7.4%
- Femmes = 4.1%
- Employés = 3.6%
Avantages supposés?:
Le télétravail offre plusieurs avantages. Il est tout d'abord un gage d'efficacité. Celle-ci est due au bon équilibre entre vie privée et professionnelle, à moins de stress (pas de trajet?) et permettrait au salarié d'être plus efficace et productif. Autre avantage, la flexibilité. En effet, le télétravailleur a accès à toutes les applications dont il a besoin, ceci quel que soit l'endroit où qu'il se trouve. Cela lui permet de ne pas perdre de temps et d'être réactif en toutes circonstances. Il permet aussi la fidélisation des salariés. En effet, souvent basé sur le principe du volontariat, le télétravail a l'avantage de satisfaire ses salariés ou encore d'attirer de nouveaux profils. Ce mode de travail est aussi censé aider à réaliser des économies. Travailler chez soi évite l'achat de locaux, de mobilier ou de fournitures de bureau. En théorie, cela permet de faire des économies, mais il ne faut pas pour autant sous-estimer le coût de bons équipements informatique? Le télétravail prône ensuite la notion de partage car le télétravailleur doit toujours rester en contact avec les autres membres de son équipe pour savoir ce qu'il se passe en interne comme en externe. Ce mode de travail permettrait donc une plus grande implication et le partage des expériences et des savoir-faire.
Inconvénients supposés?
Idéalement basé sur la notion de volontariat, le télétravail ne convient pas à tout le monde. Le proposer en interne sur la base du volontariat est une bonne idée, mais qui peut nuire à son succès. A terme, il peut malheureusement aboutir à un certain isolement de la part des télétravailleurs. L'employeur ne peut contrôler ses salariés comme il le souhaite lorsqu'ils travaillent de chez eux. La relation de confiance doit donc être forte entre les acteurs, et il est bien d'opter pour un management par objectifs. Le manager doit surveiller ses salariés au niveau psychologique, pour qu'ils ne tombent pas dans l'isolement. Au niveau de la sécurité, le système informatique utilisé doit être adapté et posséder des règles de confidentialité et un accès totalement sécurisé au réseau de l'entreprise. Les risques d'intrusion dans le système doivent à tout prix être évités. En termes d'équipement, il faut prendre en compte les paramètres de connexion liés à des facteurs géographiques, ceci avant de se lancer dans un projet de télétravail. L'aménagement numérique présente parfois le risque d'être inégal, selon la zone de travail, il faut donc y veiller. Un problème de cohésion peut aussi survenir dans certains cas. Malheureusement, le télétravail limite les contacts humains entre collaborateurs. Cela peut engendrer un manque de cohésion et une faible culture d'entreprise. Au niveau juridique, un certain flou persiste en ce qui concerne les dispositions à appliquer en cas d'accident du travail, pour le contrôle du temps de travail, la fourniture et l'utilisation de l'équipement.
Au niveau juridique?
Le télétravailleur doit être considéré comme :
- travailleur à domicile (si l'employeur l'a décidé)
- salarié de droit commun
Pour les accidents du travail, l'employeur doit d'abord identifier les risques et les combattre en adaptant le poste de travail des salariés, et en les formant sur les questions de santé et de sécurité qui le concernent. Cela semble toutefois compromis dans le cas du télétravail nomade ou à domicile, où l'employeur doit bénéficier au préalable de l'accord du salarié. S'il refuse, l'employeur peut alors être exonéré de responsabilités en cas de problème.
Pour le contrôle du temps de travail, les NTIC permettent de le mesurer assez facilement. L'employeur est bien sûr tenu de pratiquer uniquement une nécessaire surveillance du salarié, et de la signaler aux instances représentatives, au salarié et à la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés).
Pour les fournitures et l'utilisation de l'équipement, l'employeur est contraint de fournir, installer et garantir l'entretien des équipements nécessaires au travail de ses salariés. Exception faite du cas où, en accord avec lui, le salarié utilise son propre équipement. L'employeur a aussi le droit d'interdire l'utilisation de cet équipement pour un but autre que professionnel.

